Glossaire du clavecin moderne

Sautereaux

Le sautereau est un dispositif permettant de pincer la corde.
Il est mis en mouvement par la touche, maintenu verticalement par le registre et le guide.

De haut en bas, on distingue les :

Vis de réglage :
Vis agissant sur l’inclinaison de la languette et l’engagement du bec sous la corde, qui permet de peaufiner l’harmonisation.

Étouffoir :
Petite pièce de drap ou de feutre fixée sur le bord supérieur du sautereau qui arrête la vibration de la corde, lorsque ce dernier redescend.
Elle est parfois collée sur une petite pièce de laiton vissée sur le sautereau et réglable en hauteur. Ce procédé est utilisé notamment par Ammer, Neupert, Sassmann et Sperrhake.

Pleyel utilise également ce système pour les sautereaux du 4′ et du 16′, mais colle le morceau de feutre sur une petite pièce de bois.
En complément, il emploie un étouffoir indépendant du sautereau – rappelant celui du piano – pour les cordes des deux 8′ (voir photographie ci-dessous).
Il est à noter que cet étouffoir indépendant agit également sur la corde du 16′.
Maendler-Schramm et Neupert usent parfois de ce procédé.

Bec ou plectre :
Inséré dans la languette, il sert à pincer la corde.
Il peut être en cuir, delrin®, nylon, plastique ou plume ; chaque matériau produisant un timbre différent.
Pour plus de détails, consulter « Matériaux pour les becs ».

Axe :
Fixé dans le corps du sautereau, il maintient la languette.

Languette ou bascule (Pleyel) :
Petite pièce en bois, delrin®, métal, os ou plastique dans laquelle est inséré le bec. Pivotant autour d’un axe, elle permet au bec de repasser sous la corde, une fois cette dernière pincée.

Ressort :
Permet à la languette de retrouver sa position initiale après que le bec soit repassé sous la corde à la suite du pincement. Il est fixé sur le corps du sautereau.
Il est en métal (fil ou fine lamelle de laiton) ou plastique.

Corps :
Réglette en bois, caoutchouc vulcanisé, os ou plastique sur laquelle sont fixés les différents éléments. Il peut être de section ronde et en métal (Neupert).

Vis de réglage :
Vis agissant sur la hauteur du sautereau, qui permet le réglage de la garde et de l’étagement des jeux. Consulter : Étagement des jeux.

La course des sautereaux est limitée vers le haut par le chapiteau :
Barre de bois positionnée au-dessus des sautereaux habillée, sur sa face interne, d’une ou plusieurs épaisseurs de tissu, qui atténue le bruit de ces derniers dans leur mouvement. Sa largeur est fonction du nombre de rangées de sautereaux.
Dans certains instruments de Neupert, chaque rangée de sautereaux possède son propre chapiteau, alors conçu en métal et recouvert de tissu.
En limitant la course des sautereaux, le chapiteau agit sur l’enfoncement des touches.

Exemples de sautereaux

La photographie de droite montre un sautereau équipé d’une tige de métal permettant de maintenir en place ce dernier dans sa course, en l’absence de guide.
Consulter : « Le(s) registre(s) ».

Pour une meilleure répétition, le sautereau peut être lesté au moyen d’un plomb.

Sautereaux dans leurs registres

Sautereau à pied de biche ou dogleg

Le sautereau à pied de biche ou dogleg est un sautereau pouvant être mis en mouvement par l’un ou l’autre des deux claviers.
Il permet ainsi de disposer d’un même jeu sur chacun des claviers, sans avoir recours au système d’accouplement, allégeant le toucher du clavier inférieur et lui conférant toujours le même poids.

Il se présente comme un sautereau classique, mais est prolongé à l’arrière, en sa partie inférieure, afin qu’il puisse atteindre le talon des touches du clavier inférieur. La largeur de ce prolongement est environ du tiers de la largeur du sautereau.
Sa partie avant (2/3 de sa largeur) repose sur le talon des touches du clavier supérieur.

Étant systématiquement actionné par le clavier inférieur, le dogleg ne permet pas d’entendre seuls les jeux affectés à ce clavier.
Pour se faire, il convient de désengager le jeu attaché au dogleg, ce qui a pour effet de rendre le clavier supérieur muet.

Pour remédier à cet inconvénient, un taquet est collé au talon des touches du clavier inférieur à l’aplomb de la « jambe » du dogleg.
Lorsque le clavier inférieur est poussé, cette dernière se trouve en contact avec le taquet : le dogleg peut être actionné depuis le clavier inférieur.
Lorsque le clavier inférieur est tiré (photographie ci-contre), le taquet est éloigné du dogleg, qui ne peut être actionné alors que par le clavier supérieur.

Le facteur Morley utilise ce procédé pour le jeu du 8′ supérieur, permettant, en l’absence d’accouplement, le dialogue des deux 8′.

Sperrhake et Wittmayer, dans certains modèles à deux claviers, emploient ce dispositif pour le jeu de 4′, affecté au clavier inférieur.
Pour le rendre jouable à partir du clavier supérieur, ils imaginent un dogleg et un clavier supérieur mobile.
Lorsque ce dernier est poussé (photographie ci-contre), le dogleg est mis en mouvement par les deux claviers.
Le clavier supérieur tiré, le dogleg ne peut être actionné que par le clavier inférieur.

La photographie ci-dessous montre un dogleg de 4′ d’un clavecin Sperrhake.


Schémas et photographies : © Jean-Pierre Rubin

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