Mécanismes
Les mécanismes regroupent les :
Manette :
Pièce de métal ou de bois allongée et mince (métal) permettant, au moyen de la main, d’actionner un registre, la réglette du jeu de luth ou de théorbe et le demi-jeu. Elle est fixée sur le sommier et traverse le plus souvent la gorge.
Elle se déplace latéralement.



Tirette :
Pièce de métal allongée et mince – munie à l’une de ses extrémités d’un bouton en bois, métal ou plastique – permettant d’actionner, au moyen de la main, un registre, la réglette du jeu de luth ou de théorbe, l’accouplement et le demi-jeu. Elle est fixée sur le sommier et traverse la gorge.
Elle se tire et se pousse.


Genouillère :
Pièce de bois situé sous le clavier permettant d’actionner un registre ou l’accouplement par simple pression horizontale du genou.
On la trouve le plus souvent dans les petits instruments agissant sur le jeu de 4′.
Neupert l’utilise parfois pour l’accouplement sur ses grands clavecins.
Les facteurs modernes ne sont pas à l’origine de la genouillère, ils se sont simplement inspirés du système mis au point par Pascal Taskin à la fin des années 1760.

Pédale :
Pièce de métal ou de bois (Morley) permettant d’actionner, par un mouvement du pied, un registre, la réglette du jeu de luth ou de théorbe et l’accouplement, afin de modifier rapidement la sonorité de l’instrument sans avoir recours aux mains.
Leur nombre est variable et fonction du nombre de jeux.
L’atelier Dolmetsch conçut un clavecin de concert à six rangs de sautereaux et dix pédales.
Gaveau et les facteurs anglo-saxons intègrent les pédales au piétement, alors que Pleyel et les facteurs allemands les montent sur une lyre fixée sous l’instrument au niveau des claviers.
On distingue deux types de fonctionnement :
– pédale positive : on accroche ou abaisse la pédale pour enclencher un registre, l’accouplement… ;
– pédale négative : on accroche ou abaisse la pédale pour annuler un registre.
Les pédales négatives se rencontrent essentiellement chez Pleyel et n’agissent que sur les jeux du clavier inférieur (16′, 8′, 4′) et sur le 8′ du clavier supérieur. L’accouplement, le jeu de luth et le jeu nasal sont actionnés par des pédales positives.
Contrairement aux idées reçues, la pédale n’est pas une invention des facteurs de la fin du XIXe siècle.
On la trouve dès le XVIIe siècle en Angleterre, Thomas Mace nous en donne une description détaillée (à ce sujet, cf. pp. 108 à 110 de l’ouvrage d’Hubert BÉDARD et Félia BASTET mentionné en introduction). Purcell a sans doute disposé d’un instrument muni de pédales lorsqu’il travaillait à la chapelle royale à partir des années 1660.
Les pédales sont également présentes dans les instruments anglais de la deuxième moitié du XVIIIe siècle et dans un instrument portugais de Joaquim José Antunes fait à Lisbonne en 1785.



Transmission :
Ensemble des leviers, ressorts et tringles de métal qui transmet le mouvement d’une genouillère, d’une pédale ou d’une tirette à un registre, à la réglette du jeu de luth ou de théorbe et à l’accouplement.



Demi-jeu
Le demi-jeu ou half stop ou pianozug est un système que l’on trouve la plupart du temps sur les instruments munis de pédales, qui permet de modifier la position d’un registre en vue d’éloigner très légèrement les becs des cordes, afin d’obtenir un son plus doux, augmentant ainsi les possibilités expressives.
L’effet s’obtient en agissant soit sur une manette ou une tirette fixée sur le sommier et traversant la gorge (photographie ci-contre), soit directement sur la pédale.
Dans ce cas, la lyre comporte en sa partie antérieure deux crans permettant d’accrocher la pédale à deux niveaux différents :
– premier cran : demi-pédale, son doux ;
– deuxième cran : pédale complète, son « fort » (normal).
Parfois la lyre est équipée d’une plaque de laiton dans laquelle sont découpés les crans ou encoches (voir photographie ci-dessous).
Le demi-jeu est très couramment employé par Challis, Dolmetsch, Goble, Goff, Neupert et Sperrhake.


Exemples sonores
cuir / 8′ inférieur / demi-pédale à la reprise(1)
cuir / 16′ / demi-pédale à la reprise(2)
(1) Élisabeth Jacquet de la Guerre : Allemande / Thurston Dart, clavecin Thomas Goff / ℗ Éditions de L’oiseau-Lyre, OL 50183, 1959
(2) Élisabeth Jacquet de la Guerre : Sarabande / Thurston Dart, clavecin Thomas Goff / ℗ Éditions de L’oiseau-Lyre, OL 50183, 1959
Photographies : © Jean-Pierre Rubin
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