L’accouplement des claviers
L’accouplement est un dispositif permettant d’actionner simultanément les touches de deux claviers.
Le clavier supérieur s’accouple au clavier inférieur.
Les jeux du clavier supérieur peuvent ainsi être commandés à partir du clavier inférieur et se mélanger aux jeux de ce même clavier.
L’accouplement se fait au moyen des talons d’accouplement ou pilotes :
Petites pièces de bois qui entraînent les touches du clavier supérieur lorsque celles du clavier inférieur sont mises en mouvement.
Elles sont fixées sur la queue des touches du clavier inférieur, et parfois munies d’une vis de réglage à leur extrémité.
Ammer et Neupert (dans ses instruments d’après-guerre) fixent le talon d’accouplement sous la queue des touches du clavier supérieur.

Il convient de distinguer deux procédés d’accouplement :
– accouplement avec le clavier supérieur mobile (talons fixes) ;
– accouplement avec le clavier supérieur fixe (talons pivotants).
I – Clavier supérieur mobile

Le clavier supérieur coulisse sur les bras de châssis du clavier inférieur.
En position tirée (schéma ci-contre), il est indépendant du clavier inférieur.
Une fois poussé, la queue de ses touches entre en contact avec le talon ; les deux claviers sont accouplés.
Ce procédé porte le nom d’accouplement à tiroir.
On ne le rencontre que très rarement dans les clavecins modernes.
Neupert l’emploie parfois dans son modèle « Couperin ».
II – Clavier supérieur fixe
Le clavier supérieur est vissé sur les bras de châssis du clavier inférieur.
Dans ce cas, le talon d’accouplement est mobile.
Il est maintenu à sa base par un axe fixé dans une petite pièce de bois (quelquefois sertie de plastique), vissée à la queue de la touche, appelée pied.
Le plus souvent, il porte une vis de réglage sur sa partie supérieure permettant d’ajuster sa hauteur.
Le ressort, dont il est muni à l’arrière, le maintient en contact avec la barre de repos (tige de métal habillée de feutre) qui l’oriente.

La photographie ci-dessus montre les talons en position « accouplée », formant un angle de 90 degrés avec leur pied.
En inclinant la barre de repos vers l’avant, les talons pivotent et se dégagent ainsi de la queue des touches du clavier supérieur, neutralisant l’accouplement.
Ce système avec ressort est notamment employé par Herz, Pleyel, Sassmann et Sidey.

Certains facteurs remplacent le ressort par une seconde barre de repos.
Les talons sont alors encadrés par deux barres qui les orientent.
Les talons représentés sur la photographie ci-contre se trouvent en position « non accouplée ».
En inclinant les barres de repos vers l’arrière, les talons pivotent et entrent en contact avec la queue des touches du clavier supérieur, enclenchant l’accouplement.
Ammer, Neupert et Sperrhake utilisent ce principe.
Les barres de repos sont mises en mouvement par une tirette, une manette, une genouillère ou une pédale.
Voir photographie ci-dessous et consulter « Mécanismes ».

Schéma et photographies : © Jean-Pierre Rubin
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